Lorsqu’une personne subit un dommage corporel, la question de son rétablissement se pose immédiatement. Cependant, au-delà des soins médicaux et de la convalescence, un autre aspect fondamental intervient dans le cadre d’une indemnisation : la consolidation. Ce terme, bien que technique, désigne une étape décisive dans le processus de réparation du préjudice.
Il est essentiel de comprendre ce que recouvre cette notion, comment elle est déterminée et quelles en sont les conséquences pour la victime. Une telle compréhension permet de mieux comprendre les démarches administratives et médicales qui s’imposent après un dommage corporel. C’est ce que nous allons voir ensemble dans les parties suivantes, même si nous souhaitons bien sûr que vous comme vos proches n’y soyez jamais confronté(e).
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Pourquoi parle-t-on de consolidation après un dommage corporel ?
Après un accident de la route, un accident du travail ou encore une agression, la victime se retrouve souvent confrontée à des blessures nécessitant des soins et une période de rétablissement plus ou moins longue. Mais au bout d’un certain temps, le corps médical et les experts doivent déterminer si l’état de la victime a évolué de manière stable ou si des évolutions sont encore attendues.
Définition juridique et médicale, la consolidation comme l’explique maître Régley est une notion qui intervient pour fixer un état de santé stabilisé. Elle ne signifie pas nécessairement que la personne a retrouvé son état antérieur à l’accident, mais plutôt que son état médical ne s’améliorera plus de manière significative, malgré les soins apportés.
Il est important que vous sachiez que cette consolidation ne se décide pas au hasard. Elle est définie par un médecin expert, qui devra analyser l’évolution de la santé de la victime, les séquelles éventuelles et la nécessité – ou non – d’un suivi médical prolongé.
Qui détermine la consolidation et comment ?
Vous vous demandez sûrement qui est habilité à poser un tel diagnostic et sur quels critères il repose. Comme évoqué plus haut, c’est un médecin expert, souvent missionné par une compagnie d’assurance ou appartenant à l’équipe d’un avocat en défense des victimes qui établira cet état.
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Le rôle du médecin expert
Le médecin expert analyse le dossier médical, prend en compte les observations des médecins traitants et procède à un examen clinique si nécessaire. Il devra évaluer si l’état de santé est suffisamment stable pour être qualifié de consolidé.
Ce processus implique une certaine prudence, car une erreur d’appréciation pourrait aboutir à une indemnisation insuffisante ou inadaptée. Il est donc recommandé que la victime soit accompagnée par au moins un médecin de l’équipe en charge de son indemnisation lors de l’expertise médicale, afin que son état soit décrit avec la plus grande précision possible.
Les critères de consolidation
Pour qu’un état soit considéré comme consolidé, plusieurs éléments sont pris en compte :
- l’absence d’évolution significative de l’état de santé malgré les soins reçus,
- la présence éventuelle de séquelles définitives qui ne pourront plus être améliorées par un traitement médical,
- la fin d’une période de soins actifs, c’est-à-dire lorsque les interventions médicales n’ont plus d’effet notable sur la récupération de la victime.
Une fois la consolidation actée, l’indemnisation, qui devra tenir compte des séquelles résiduelles et des préjudices subis, pourra être déterminée avec plus de précision.
Quelles sont les conséquences d’une consolidation pour la victime ?
Une fois que l’état de santé est consolidé, l’indemnisation peut alors entrer dans une nouvelle phase. En effet, tant que l’état de santé n’est pas consolidé, la victime reçoit des provisions, mais il n’est pas possible de statuer de façon véritablement précise sur le montant de l’indemnisation qu’elle pourra percevoir et voici pourquoi.
D’abord, il faut comprendre que la consolidation marque la fin de la prise en charge médicale en tant qu’événement évolutif. Cela ne veut pas dire que la victime n’aura plus besoin de soins, mais plutôt que ces derniers n’auront plus pour but d’améliorer son état, mais de le maintenir ou d’atténuer des douleurs persistantes.
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Ensuite, l’établissement de la consolidation après un dommage corporel permet d’évaluer les préjudices subis et de déterminer le montant des indemnisations auxquelles la victime a droit. Ces indemnités peuvent concerner :
- la perte de revenus si la victime n’est pas en mesure de reprendre une activité professionnelle comme avant,
- les frais médicaux futurs en lien avec l’état de santé,
- les souffrances endurées et le préjudice esthétique si des séquelles visibles persistent,
- les frais de véhicule adapté, les frais de logement adapté…
Que se passe-t-il après la consolidation ?
Lorsque la consolidation est actée, plusieurs démarches vont se mettre en place pour aboutir à l’indemnisation de la victime. Il faut notamment que celle-ci subisse une évaluation précise des préjudices qu’elle a subis afin de définir le montant qui lui sera attribué.
L’évaluation des préjudices subis par la victime
Une fois que l’état de la victime est considéré comme consolidé, il faut s’appuyer sur la nomenclature Dintilhac pour chiffrer l’atteinte permanente qui est subie. Cette nomenclature, du nom du magistrat qui l’a créée, est un outil très précieux qui permet de calculer le montant de l’indemnisation.
Cette évaluation tient compte de plusieurs aspects que nous avons commencé à évoquer ci-dessus et qui sont complétés par beaucoup d’autres, le but étant d’arriver à une liste la plus exhaustive que possible de tous les préjudices réellement subis par la victime de l’accident de la route.
Il est essentiel de s’assurer que cette évaluation reflète bien la réalité de la situation et la meilleure chose à faire dans cette optique est de se faire accompagner par un avocat en réparation du préjudice corporel qui pourra défendre les droits de la victime (ou des victimes) en l’aidant à obtenir une indemnisation correspondant véritablement aux besoins et prenant en compte tous les préjudices subis. Nous nous permettons d’insister sur ce point, car il n’est malheureusement pas rare (pour ne pas dire fréquent), que les compagnies d’assurance en charge de l’indemnisation oublient ou mésestiment certains postes de préjudices pour pouvoir diminuer les sommes à verser à la victime.
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L’indemnisation finale
L’indemnisation qui sera versée à la victime après la consolidation a l’objectif de lui permettre de faire face aux conséquences du dommage corporel, qu’il s’agisse de frais médicaux, de perte de revenus, de l’adaptation de son cadre de vie, etc.
En conclusion, comme nous l’avons vu, la consolidation est une étape clé dans le parcours d’indemnisation de toute personne ayant subi un dommage corporel. Maintenant que vous en aurez compris le fonctionnement et les enjeux, vous devez mieux mesurer à quel point il peut être salvateur pour la ou les victimes que de se tourner vers les services d’un avocat en réparation du dommage corporel afin de défendre leurs droits et de leur obtenir l’indemnisation la plus juste possible.